Étienne de Massy, soyouz choisy, 2014

Mission

Mandat

Vidéographe est un centre d’artistes voué à la recherche et à la diffusion de l’image en mouvement. Ceci comprend notamment les expérimentations en art vidéo, en animation, en arts numériques, en essai vidéo, en documentaire, en vidéo danse et en fiction. Notre mission s’articule autour de cinq grands axes :

  • participer au rayonnement de l’image en mouvement et au développement des publics par des activités de programmation mettant en lumière la pluralité de la pratique artistique;
  • assurer la distribution des œuvres et une juste rétribution des droits aux artistes;
  • favoriser le développement et la recherche en prodiguant soutien et conseils aux artistes, chercheurs et commissaires aussi bien que l’accès à des ressources et expertises;
  • soutenir l’acquisition de connaissances professionnelles et le développement de la communauté des arts médiatiques;
  • enrichir sa collection et en assurer l’accessibilité.

Nos actions concernent les œuvres actuelles autant que les œuvres historiques dont nous favorisons la reconnaissance et la compréhension.

Vision

Vidéographe s’intéresse aux formes expérimentales de l’image en mouvement. Nos actions concernent les œuvres indépendantes qui se démarquent par l’actualité de leur propos et la manière dont elles renouvellent le langage dans notre discipline. Nous pensons par exemple à l’hybridation des genres, techniques et technologies; la réflexion sur le médium; la recherche et l’anticipation de formes artistiques nouvelles en prise sur les enjeux sociaux, politiques et technologiques actuels; l’exploration de formes narratives ou documentaires non conventionnelles et la recherche plastique.

En plus d’examiner les développements formels et technologiques de l’image en mouvement, Vidéographe s’attarde au pouvoir politique qu’elle véhicule. Depuis ses débuts, la vidéo est en effet perçue comme un outil de contestation, d’affirmation identitaire et de démocratisation du discours. Vidéographe porte une attention particulière à cette fonction.

Les artistes sont au cœur de la mission de Vidéographe qui s’efforce de les soutenir par différentes stratégies. Une juste rémunération pour leur travail constitue un principe fondamental que nous défendons par nos actions. Celles-ci sont également animées par la conviction que notre discipline artistique doit s’enrichir de discours et de points de vue multiples. Nous travaillons en ce sens à favoriser la reconnaissance du travail d’artistes, de commissaires et de chercheurs s’identifiant à des groupes identitaires ou culturels marginalisés ou minoritaires.

Dans le même ordre d’idée, Vidéographe prône la richesse du travail collaboratif et multiplie les opportunités de partenariats. En développant et en animant une communauté d’artistes et de collaborateurs québécois, tout en participant activement à des réseaux artistiques canadiens et internationaux, nous stimulons le partage des expertises et connaissances de manière à développer notre discipline et la mettre de l’avant.

Vidéographe défend enfin l’accessibilité à la culture. Nous diversifions nos stratégies de diffusion afin de rejoindre tant les spécialistes, que les étudiants et le grand public et de contribuer ainsi à une meilleure appréciation du patrimoine culturel québécois et canadien.

Les activités principales par lesquelles nous réalisons cette vision sont :

  • la programmation;
  • la distribution;
  • la publication;
  • la formation et l’éducation;
  • la commande d’œuvres et l’accueil en résidence.

Ces activités sont intrinsèquement liées de manière à enrichir, activer, éclairer et rendre accessible notre collection. Indéniable patrimoine culturel, celle-ci compte plus de 1 900 œuvres et vidéos sociales ou militantes réalisées des années 70 à nos jours par plus de 800 artistes, activistes et citoyens engagés. L’une des plus importantes collections de vidéos au Canada, elle permet de mettre en lumière les enjeux artistiques et les mouvements sociaux qui forgent le Québec et le Canada depuis les années 70.

Historique

Vidéographe est né, en 1971, à l’Office national du film sous l’impulsion d’un groupe de cinéastes et de producteurs qui voulaient démocratiser la production et la diffusion de vidéos. « Les citoyens ont quelque chose à dire. La vidéo peut leur en fournir les moyens. Il y a un public pour les vidéogrammes », tel est alors le leitmotiv des fondateurs. L’année suivante, l’ONF se retire de l’aventure et Vidéographe s’incorpore en 1973 comme organisme à but non lucratif sous la direction de Robert Forget. Au cours des années 70, le centre est un laboratoire d’expérimentation et de production vidéo de même qu’un espace de diffusion et de discussion animé. Des gens de divers milieux (artistique, syndical ou organismes socioculturels) s’y côtoient. Vidéographe obtient une reconnaissance internationale pour ses développements technologiques et met en place un réseau de diffusion pour la vidéo indépendante. Ce réseau servira par la suite de modèle aux distributeurs canadiens et européens.

À la fin des années 70, Vidéographe oriente ses activités vers la distribution des productions de groupes populaires et de syndicats et ralenti ses activités de producteur. Au début des années 80, l’organisme remporte un lot de Bingo qui lui permet d’acquérir un immeuble de deux étages en plein cœur du Plateau Mont-Royal, un quartier dynamique et densément peuplé de Montréal. C’est à cette époque que le principe du droit d’auteur est reconnu et 60% des revenus de distribution sont désormais reversés aux réalisateurs.

Dans les années 80, la notion d’art vidéo devient de plus en plus acceptée et utilisée. D’autres organismes qui s’y consacrent émergent à Montréal, mais Vidéographe, par sa politique active de distribution et son ouverture à la production demeure un centre incontournable d’accès à la vidéo. Vidéographe coproduit l’exposition Vidéo 84Rencontres vidéo internationales de Montréal qui marque une étape importante de l’histoire de la vidéo au Québec.

Dans les années 90, la mise en valeur de sa collection devient une préoccupation majeure pour Vidéographe. Le centre met sur pied son Service de gestion des documents et procède au catalogage de son importante collection vidéo et au traitement de ses archives papier. Les trois fonds : Vidéographe, TVC-4 (Saint-Jérôme) et Sonographe sont constitués et confiés à la Cinémathèque québécoise. À la fin des années 90, l’édifice sur Garnier est rénové pour y installer des salles de montage numériques à la fine pointe de la technologie. Vidéographe met également en place un pôle de diffusion et anime un espace d’exposition dédié aux arts médiatiques au centre-ville de Montréal. C’est le début d’une période faste pour l’organisme qui propose un programme d’activités dynamiques et innovantes.

Au cours des années 2000, Vidéographe prend résolument le tournant numérique. Il met sur pied le PARC, un laboratoire réunissant artistes, programmeurs et électrotechniciens et donnant accès à des infrastructures spécialisées pour la recherche et la production en arts numériques, interactifs et électroniques. Le centre renouvèle également son approche à la diffusion. Il délaisse en 2003 son espace galerie pour devenir nomade et occuper des lieux non-dédiés aux arts. C’est à cette époque que sont réalisés les coffrets DVD consacrés à Robert Morin, Pierre Falardeau et Julien Poulin, Charles Guilbert et Serge Murphy, et Donigan Cumming. Un recueil d’entretiens avec Robert Morin et une monographie portant sur l’œuvre de Sylvie Laliberté sont également publiés.

En 2008, Vidéographe amorce le projet Vithèque, une plateforme novatrice de diffusion en ligne. Le partenaire technique de Vidéographe déclare cependant faillite et Vidéographe se voit contraint de contracter une dette à long terme afin d’investir les sommes nécessaires pour terminer le projet. Ces difficultés entraînent le centre dans une crise financière et organisationnelle. La plateforme Vithèque est enfin lancée en mai 2011. L’année suivante, le centre se dote d’un plan de redressement et amorce la relance de ses activités. S’ensuit une réflexion organisationnelle menant au repositionnement de l’organisme. En 2015, le centre change de direction et un poste de conservatrice est créé pour assurer la mise en valeur de la collection. Vidéographe redéfinit sa ligne artistique pour promouvoir l’expérimentation dans le champ élargi de l’image en mouvement et axe ses interventions sur la diffusion et la distribution. Il développe des alliances stratégiques avec des organismes de diffusion et de production montréalais. Ces alliances lui permettent notamment de remanier ses services de soutien à la création pour privilégier la formation, le partage des expertises et l’accompagnement. La gestion des équipements de tournage est confiée à Main Film avec qui Vidéographe conclut un important partenariat visant à créer un parc d’équipement conjoint. Vidéographe entame également un projet d’immobilisation devant mener au réaménagement et à l’agrandissement de l’immeuble sur Garnier afin qu’y cohabitent Vidéographe et Main Film. Par cette mise en commun, les partenaires veulent rassembler la communauté autour d’un pôle dynamique d’échange, de recherche, de création, de diffusion et de développement professionnel voué à l’image en mouvement.

Projet visionnaire dès sa conception et au fil de ses 45 années d’implication dans son milieu, Vidéographe a su faire preuve d’une adaptabilité remarquable dans un environnement évolutif en sachant pressentir les besoins de sa communauté artistique, anticiper les changements à opérer pour consolider son milieu professionnel et intégrer des pratiques innovantes pour contribuer et aider son secteur disciplinaire à se développer.